Séminaire : Scènes et écritures de l’altérité

SEMINAIRE DOCTORAL
Scènes et écritures de l’altérité :
Scènes et dramaturgies afro-contemporaines

Ce séminaire propose une approche esthétique et dramaturgique des écritures dramatiques africaines et caribéennes contemporaines. Il s’agit notamment d’explorer le nouveau courant né dans les années 1990 sur les traces de Sony Labou Tansi. Ces nouvelles dramaturgies réinvestissent traditions et oralité autrement, renversent les conventions, culbutent la langue française et mettent en crise le spectateur. Un parcours à travers les théâtres de la Caraïbe est privilégié avec la découverte d’auteurs des Antilles ou d’Haïti comme Maryse Condé, Gaël Octavia, Guy Régis Junior, Gerty Dambury … mais aussi d’Afrique comme José Pliya, Kossi Efoui, Koffi Kwahulé, Dieudonné Niangouna… et même d’Amérique comme Suzan-Lori Parks. Nous abordons également les nouvelles esthétiques scéniques issues du Hip-Hop avec la chorégraphe Bintou Dembélé, ce qui est l’occasion de revenir sur les mises en scènes d’Afrique à l’ère des colonies et la déconstruction de ces images clichés aujourd’hui.

 

 

PROGRAMME DES SÉANCES

 

  • Séance du 5 février 2016 

Sylvie Chalaye, Introduction générale et présentation du séminaire et du laboratoire

  • Séance du 12 février 2016 

Sylvie Chalaye, De « Footit et Chocolat » à Big Shoot de Koffi Kwahulé
Cette séance propose une traversée de Big Shoot et une approche des différentes lectures que l’on peut faire de la pièce et de son duo aussi clownesque que cruel, jusqu’à la toute récente mise en scène d’Alexandre Zeff invité avec son équipe à échanger avec nous dans la deuxième partie de la séance.

Projections d’extraits de diverses mises en scène
Invités : Alexandre Zeff et son équipe

  • Séance du 19 février 2016

Stéphanie Bérard, Dramaturgies de la Caraïbe 1 : Introduction à l’histoire et aux esthétiques du théâtre caribéen
Dans cette séance d’introduction aux théâtres de la Caraïbe francophone, nous retracerons les grandes périodes du théâtre martiniquais et guadeloupéen en partant du théâtre colonial pour aller vers Aimé Césaire et le théâtre historique puis vers le théâtre créolophone engagé des années 70. Nous terminerons par le théâtre contemporain qui aborde des sujets plus intimistes avec notamment des dramaturges femmes (Maryse Condé, Gerty Dambury, Ina Césaire, Gaël Octavia).

Extrait du documentaire Aimé Césaire, une voix dans l’histoire d’Euzhan Palcy.
Invitation de Gerty Dambury (dramaturge guadeloupéenne).
Lecture de Trames (Les Editions du Manguier, 2008).

  • Séance du 26 février 2016

Stéphanie Bérard, Dramaturgies de la Caraïbe 2 : les écritures contemporaines caribéennes des femmes
Séance sur les écritures dramaturgiques contemporaines et scéniques féminines avec un focus sur le théâtre de Gaël Octavia (dramaturge martiniquaise invitée).

Lecture de Congre et homard (Belgique, Editions Lansman, 2012).

  • Séance du 11 mars 2016

Pénélope Dechaufour, Le théâtre de Kossi Efoui
Durant cette séance du séminaire nous nous pencherons sur l’œuvre de Kossi Efoui, dramaturge d’origine togolaise né en 1962. Nous découvrirons quelques grands mécanismes de son théâtre à travers l’évocation de plusieurs pièces dont nous lirons des extraits. Nous nous appuierons également sur des sources audiovisuelles pour mieux saisir l’envergure plastique de cette écriture qui rappelle, entre autres, l’univers de la marionnette. Ainsi, nous aborderons notamment la relation de compagnonnage qui unit le dramaturge au metteur en scène Nicolas Saelens (Cie Théâtre Inutile) avec qui Kossi Efoui travaille désormais au plateau pour de nouvelles créations qui s’inscrivent néanmoins dans le sillage de l’œuvre qui précède. L’écriture de Kossi Efoui se pense comme une matière animée qui tisse, d’un texte à l’autre, un réseau de paradigmes en échos.

  • Séance du 18 mars 2016 

Amélie Thérésine, L’Afrique en festivals : de Sony Labou Tansi à Dieudonné Niangouna
Cette séance propose d’aborder la création théâtrale africaine au prisme d’une histoire des festivals en France et de leur essor sur le continent depuis les années 1990. À partir des trois manifestations artistiques que sont les Francophonies de Limoges (1984), les Récréâtrales à Ouagadougou (2002) et Mantsina-sur-Scène à Brazzaville (2003), il s’agira d’étudier les enjeux qui président à l’émergence et à la mutation de la « forme » festival, ces deux événements contemporains mettant en œuvre un nouvel agir dont la portée esthétique sera interrogée.

  • Séance du 25 mars 2016 

Sylvie Chalaye, Corps, décor et territorialité : des zoos humains aux nouvelles esthétiques scéniques issues du hip-hop
Invitée : Bintou Dembélé et Nach (à confirmer)
Projections : Z.H. et extraits des performances de Nach

  • Séance du 1er avril 2016 

Stéphanie Bérard, Le théâtre de José Pliya
Le théâtre de José Pliya reflète les héritages culturels pluriels de ce dramaturge de l’entre-multiple né au Bénin, éduqué en Afrique et en France, et qui vit aujourd’hui en Guadeloupe. Poète aux talents de conteur, Pliya est l’auteur de dix-sept pièces qui mettent en scène des êtres errants, confrontés à une identité vacillante. En quête d’une enfance perdue, d’un être aimé disparu, du désir envolé, les personnages se croisent et se décroisent sur la scène théâtrale devenue reflet d’un monde instable où l’autre toujours se dérobe. Ce théâtre énigmatique et initiatique met en éveil et en émoi tous les sens, ébranle, désoriente et stimule le désir de partir en quête du sens.

Lecture de Nous étions assis sur le rivage du monde… (Paris, L’Avant-scène Théâtre, 2004).
Auteur invité : José Pliya (dramaturge franco-béninois)

  • Séance du 8 avril 2016 

Stéphanie Bérard, Dramaturgies de la Caraïbe 3 : Le théâtre de Guy Régis Junior
Guy Régis Jr. est un jeune dramaturge haïtien, qui est à la fois metteur en scène, comédien, cinéaste mais aussi poète, romancier et traducteur. né à Port-au-Prince. En 2001, il fonde avec d’autres artistes, le collectif « NOUS Théâtre », mouvement novateur par l’audace de ses formes et langages. Fidèle à son pseudonyme Baka Ròklò (« petit diable rebelle »), Guy Régis Jr remet en question l’ordre établi et promeut un théâtre résolument engagé non seulement culturellement (dans la défense et l’illustration de la langue créole de la culture populaire du carnaval et du vaudou) mais aussi politiquement en dénonçant les inégalités et les injustices, en enfreignant les règles de la morale et du théâtre. Sa pièce De toute la terre le grand effarement, écrite juste après le séisme de janvier 2010, atteste de l’esprit incisif et critique de l’auteur qui chamboule, ébranle, bouleverse les règles établies. Cette pièce nous met face au vide, à la disparition, à la fin et en même temps face au recommencent, à la vie. Comment vivre quand tout a disparu, comment continuer quand tout s’est effondré ? Que faire face au néant et face à la violence qui continue d’ébranler un monde en ruines ? Nous analyserons dans cette séance comment le séisme constitue un « élément déclencheur de libération » (postface, 60), un moment de bouleversement, de grand chambardement qui permet le renversement et le changement non seulement d’un point de vue psychologique, existentiel, humain mais aussi littéraire et théâtral : c’est sur les fragments et les débris que s’édifie la reconstruction. De la mort naît ainsi ou renaît la vie. Parallèlement, de la destruction et de la déstructuration de la langue et des conventions littéraires et dramaturgiques naît la libération et la possibilité d’un renouveau esthétique.

Auteur invité : Guy Régis Jr (dramaturge haïtien)
Lecture de De toute la terre le grand effarement

  • Séance du 15 avril 2016

Raphaëlle Tchamitchian, Jazz et théâtre de Suzan-Lori Parks
À l’instar de Koffi Kwahulé ou Enzo Cormann en France, la dramaturge africaine américaine Suzan-Lori Parks (1963) s’inspire du jazz pour renouveler l’écriture dramatique contemporaine. Héritière de la tradition du théâtre noir américain (James Baldwin, August Wilson…), Parks intègre du jazz dans ses pièces, mais s’en saisit également comme d’un « modèle esthétique » (Sylvie Chalaye) : elle en transpose formes, rythmes et pulsations (quasi cardiaques) dans son écriture. Ce faisant, elle invite à repenser à la fois le jazz, compris comme un fait culturel et anthropologique et non plus strictement musical, et le théâtre, dans une perspective diasporique afro-descendante.

Pendant cette séance, nous nous intéresserons particulièrement à la pièce Topdog/Underdog (2001), et accueillerons le metteur en scène Philip Boulay, qui en fait la création française au Théâtre de l’Athénée en 2007.

Lecture conseillée : Topdog/Underdog, manuscrit disponible à la Maison Antoine Vitez sur simple demande (contact@maisonantoinevitez.com)

  • Séance du 29 avril 2016

Labo séance ouverte
Invitée : Annie Bourdié